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Des plans cotés, avec la liste de débit et le prix du tasChaque plan donne ses cotes, son débit pièce par pièce, son plan de découpe dans les panneaux du commerce et son budget

Plan calculé

Queue droite : 25 minutes par assemblage, solidité 5 sur 5

La queue droite se choisit pour un tiroir qu'on veut montrer, pas pour un fond de placard : elle laisse le chant à nu. Elle demande une défonceuse, un gabarit réglé et 25 minutes par point d'assemblage, sans démontage possible.

5 sur 5Soliditésous charge verticale
25 minTemps par pointperçage et serrage compris
défonceuse et gabaritOutilrien d'autre n'est nécessaire
8 sur 10Panneaux compatiblesles autres s'effritent dans la tranche
ouiVisibleune fois le meuble monté
nonDémontablepour un déménagement

Dans quels panneaux il mord

Ce n'est pas la vis qui décide, c'est la matière du chant : un assemblage qui usine ou qui charge la tranche ne tient pas dans un panneau de particules, où la tranche s'effrite sous l'effort.

PanneauTient iciChant
Mélaminé blancnonà plaquer
MDF 19 mmnonà peindre
Contreplaqué peuplierouià poncer
Contreplaqué bouleauouià poncer
OSB 18 mmouibrut
Panneau de pin colléouimassif
Trois plis épicéaouimassif
Hêtre massifouimassif
Chêne massifouimassif
Plan de travail hêtreouimassif

Ce qu'il change sur un meuble réel

La même bibliothèque, montée avec cet assemblage, dans deux panneaux qui l'acceptent : le prix du tas, le nombre de points et le temps de montage qu'ils représentent.

PanneauLe tas completPoints d'assemblageTemps de montageChantier complet
Contreplaqué bouleau455,88 €922300 min38 h 48
Panneau de pin collé260,38 €922300 min38 h 48
Deux tourillons font un point, pas deux

Un point d'assemblage n'est pas une vis : c'est une liaison entre deux pièces. Deux tourillons dans la même about comptent pour un point, et une fixation murale ne compte pas dans le montage du meuble puisqu'elle se pose une fois le meuble debout.

Quand la choisir

La queue droite, ce sont des doigts de bois qui s'imbriquent, découpés à la défonceuse sur un gabarit. Elle n'a de sens que si le coin reste visible : sur la façade d'un tiroir, elle affiche son motif en peigne dès qu'on l'ouvre, et personne ne s'en plaint. Sur un fond de placard caché derrière une porte, la même queue droite est du temps jeté par la fenêtre, puisque personne ne la verra jamais. C'est un assemblage d'ébéniste, solidité maximale, cinq sur cinq, qui ne se démonte pas : une fois collé, le tiroir est collé pour de bon, pas question de le reprendre dans six mois.

La précision que le gabarit exige

Le gabarit fait le plus gros du travail, mais il ne rattrape pas une pièce mal calée. La profondeur de passe doit rester identique du premier au dernier doigt, sinon les doigts dépassent d'un côté et rentrent en force de l'autre. Avant de lancer les vraies pièces, il faut :

  • faire un essai sur une chute de la même épaisseur que le panneau final, pour vérifier le jeu entre les doigts ;
  • caler le panneau bien à plat contre la butée du gabarit, sans le laisser reculer pendant la passe ;
  • reprendre le même réglage de fraise pour toutes les pièces d'un même tiroir, sans y toucher entre deux passages.

Un dixième de millimètre d'écart au réglage se voit sur la hauteur finie de l'assemblage, en creux ou en bosse sur la face.

Ce qui rate

Le panneau qui glisse d'un demi-millimètre pendant la passe, et c'est tout le peigne de doigts qui part de travers. La fraise qui sort un peu trop loin, et l'éclat apparaît sur la face visible du tiroir, celle qu'on montre. Comme l'assemblage ne se démonte pas, une erreur de calage ne se corrige pas en desserrant deux vis : la pièce est bonne à refaire. C'est aussi pour ça qu'elle ne convient pas à tous les panneaux : elle est incompatible avec le mélaminé blanc et le MDF 19 mm, dont le chant mis à nu par la fraise n'a rien à montrer, ni veine ni couleur.

Ce que ça coûte en temps

Sur les 8 panneaux sur 10 avec lesquels elle est compatible, la queue droite demande le même effort de main-d'œuvre, quel que soit le prix du bois. Sur un meuble complet avec 92 points d'assemblage, comptez 2300 minutes rien que pour les assembler, soit près de 38,3 heures, sur un chantier total de 38,8 heures : c'est elle qui fixe le tempo de tout le montage. En contreplaqué bouleau, ce même meuble revient à 455,88 euros ; en panneau de pin collé, à 260,38 euros. Le matériau change la facture, pas le temps passé à la défonceuse : 25 minutes par point d'assemblage, gabarit compris, quel que soit le panneau posé dessus.

Les erreurs qui coûtent le plus cher

  • Le panneau qui glisseUn demi-millimètre de recul pendant la passe et le peigne de doigts part de travers sur toute la pièce. Comme la queue droite ne se démonte pas, il n'y a pas de rattrapage possible : la pièce est bonne à recouper et à refaire depuis le début.
  • L'éclat sur la face visibleLa fraise qui sort un peu trop loin arrache un éclat sur la face du tiroir qu'on montre en ouvrant le meuble. Sur cet assemblage, l'éclat ne se cache pas dans un fond de caisson, il saute aux yeux dès le premier coup d'œil.
  • Le panneau mal choisiSur du mélaminé blanc ou du MDF 19 mm, la fraise met à nu un chant sans veine ni couleur, juste la tranche du panneau. La queue droite y perd tout son intérêt puisque son motif en peigne n'a plus rien à montrer.

Les neuf autres façons d'assembler

AssemblageSoliditéTemps par point
Vis en bout3 sur 53 min
Vis de confirmat4 sur 54 min
Tourillon collé4 sur 58 min
Lamelles de bois4 sur 55 min
Équerre métallique3 sur 52 min
Tasseau vissé4 sur 56 min
Rainure5 sur 510 min
Feuillure4 sur 58 min
Ferrure excentrique3 sur 56 min

Questions fréquentes

Pourquoi la queue droite ne convient pas à un fond de placard ?

Parce qu'elle se voit. La queue droite laisse apparaître un motif en peigne bien visible sur les deux faces du coin assemblé, et elle demande 25 minutes de défonceuse et de gabarit par point d'assemblage. Sur un fond de placard caché derrière une porte, personne ne profite de ce travail : le même temps sert mieux sur la façade d'un tiroir qui se voit à chaque ouverture.

Peut-on rattraper une queue droite mal alignée après collage ?

Non. C'est un assemblage qui ne se démonte pas : une fois les doigts encollés et emboîtés, il n'y a pas de vis à desserrer ni de tenon à ressortir. Si le panneau a glissé pendant la passe à la défonceuse ou si la fraise est sortie trop loin sur la face visible, la seule solution est de recouper une nouvelle pièce et de refaire la découpe au gabarit depuis le début.

Pourquoi la queue droite coûte-t-elle si cher en temps sur un meuble entier ?

Parce que chaque point d'assemblage demande 25 minutes de défonceuse et de gabarit, et qu'un meuble entier en compte beaucoup. Sur un exemple à 92 points d'assemblage, cela représente 2300 minutes rien que pour les assembler, sur un chantier total de 38,8 heures : c'est elle qui absorbe la quasi-totalité du temps de montage, quel que soit le panneau posé en dessous, contreplaqué bouleau ou panneau de pin collé.